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Private Equity : comment les chefs d'entreprise y accèdent vraiment

Publié le 3 min de lecturePar Julien Coulon

Le private equity n'est plus réservé aux institutionnels. FCPR, FPCI, apport-cession : voici comment un chef d'entreprise peut diversifier son patrimoine vers le non-coté, et ce qu'il faut accepter en échange du rendement.

Ce qu'il faut retenir

Le private equity, une classe d'actifs longtemps réservée aux institutionnels

Le private equity consiste à investir dans des entreprises non cotées en bourse : capital-risque, capital-développement, transmission, LBO. Longtemps réservé aux investisseurs institutionnels et aux family offices, ce marché s'est progressivement ouvert aux particuliers via des fonds réglementés.

Le TRI net historique du private equity français ressort autour de 12 % par an sur 10 ans selon France Invest, contre un chiffre plus proche de 9 % pour les grands indices actions sur la même période. Ce chiffre s'accompagne d'une dispersion forte entre les meilleurs et les moins bons fonds, et d'une contrainte incontournable : l'argent est bloqué pendant 8 à 12 ans.

FCPR et FPCI : les deux véhicules d'accès

Le FCPR (Fonds Commun de Placement à Risque)

Accessible à tous, sans condition de statut, souvent dès quelques milliers d'euros. Le fonds est agréé par l'AMF avant commercialisation, ce qui implique un contrôle de la documentation et de la stratégie annoncée.

Le FPCI (Fonds Professionnel de Capital Investissement)

Réservé aux investisseurs avertis, avec un ticket d'entrée qui s'établit en pratique autour de 100 000 € (ou moins sous conditions d'expérience financière). Moins encadré qu'un FCPR, le FPCI laisse au gérant davantage de liberté : concentration du portefeuille, instruments plus complexes, rythme des appels de fonds adapté aux opportunités.

Les deux véhicules partagent la même fiscalité de principe lorsqu'ils remplissent les critères d'un fonds fiscal.

La fiscalité : une exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans

Un FCPR ou un FPCI qualifié de fonds fiscal ouvre droit à une exonération d'impôt sur le revenu sur les plus-values, à condition de conserver les parts au moins 5 ans à compter de la souscription. Les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas, au taux de 18,6 % depuis la hausse de la CSG entrée en vigueur au 1er janvier 2026.

Une cession avant 5 ans fait perdre l'exonération : la plus-value est alors imposée selon le régime de droit commun des valeurs mobilières (prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %), sauf cas exceptionnels prévus par la loi (invalidité, décès, licenciement).

Aucune réduction d'impôt n'est accordée à la souscription d'un FCPR ou d'un FPCI classique. Cet avantage fiscal se situe uniquement à la sortie, contrairement aux anciens FCPI ou FIP qui offraient une réduction immédiate.

Pour un dirigeant qui cède son entreprise : l'apport-cession

Un dirigeant qui apporte ses titres à une holding avant une cession peut, sous conditions strictes, reporter l'imposition de la plus-value (article 150-0 B ter du CGI) en réinvestissant une partie du produit de cession dans des FCPR ou FPCI éligibles. La loi de finances 2026 a durci certains paramètres de ce dispositif : quota de réinvestissement de 70 %, délai de 36 mois, conservation des parts pendant au moins 5 ans.

Ce mécanisme se prépare avant la cession, jamais après. Un fonds non éligible au dispositif fait perdre le report d'imposition.

Ce qu'il faut accepter avant d'investir

Le private equity n'est pas une brique pour tout le monde. C'est une brique pour un patrimoine déjà construit, avec un horizon long et une capacité réelle à immobiliser une partie de son épargne sans en avoir besoin.

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Questions fréquentes

Quel est le ticket d'entrée minimum en private equity ?

Un FCPR est accessible dès quelques milliers d'euros, sans condition de statut. Un FPCI nécessite en pratique un ticket d'entrée autour de 100 000 €, réservé aux investisseurs avertis.

Quelle est la fiscalité du private equity en 2026 ?

Un FCPR ou FPCI fiscal exonère la plus-value d'impôt sur le revenu après 5 ans de détention. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas depuis la hausse de la CSG au 1er janvier 2026.

Peut-on récupérer son argent avant la fin du fonds ?

En principe non : le capital est bloqué jusqu'à la liquidation du fonds, entre 8 et 12 ans. Une sortie anticipée fait perdre l'avantage fiscal, sauf cas exceptionnels prévus par la loi (invalidité, décès, licenciement).

Comment un dirigeant qui vend son entreprise peut-il utiliser le private equity ?

Via l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI), qui permet de reporter l'imposition de la plus-value de cession en réinvestissant une partie du produit dans des FCPR ou FPCI éligibles, sous conditions de quota et de délai durcies par la loi de finances 2026.

Sources : Code général des impôts, Bofip, service-public.gouv.fr, impots.gouv.fr. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article a un objectif pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.